Voyage en Corée : premières impressions

Le hasard fait que parfois, une suite d’événements surviennent puis s’enchaînent pour nous faire vivre des choses merveilleuses. C’est ce qui m’est arrivé lorsque j’ai rencontré ma compagne, Mee Yung. D’origine Coréenne et rédactrice pour le magazine KPop Life, nous avons pu bénéficier du programme Let’s go to Seoul, un voyage semi-organisé vers le Pays des Matins Frais, à un tarif très avantageux.

C’est ainsi que je vous livre mes premières impression sur ce pays plein de surprises.

Les gens

La Corée est un pays qui compte une assez faible proportion d’étrangers. Si en Europe il est facile de discuter avec les habitants en anglais, les Coréens ont pour la plupart beaucoup de difficultés à pratiquer la langue de Shakespeare qu’ils baragouinent plus qu’autre choses, en témoignent les nombreuses traductions hasardeuses en Angrish. Néanmoins, on finit toujours pas se comprendre d’une façon ou d’une autre.

Un groupe d'écolières coréennes durant une sortie scolaire

Un groupe d’écolières coréennes pendant une sortie scolaire

Ce qui m’a particulièrement impressionné chez les Coréens, c’est leur notion du service et de l’efficacité. Bien qu’ils soient souvent un peu froids envers les étrangers, ils feront toujours tout leur possible pour que vous soyez à votre aise et vous rendre service.

La Corée est un pays ayant un taux de criminalité extrêmement bas. La racaille bien typique à notre pays est totalement inexistante là-bas. Bien qu’ils fassent preuve d’une grande confiance, les Coréens sont tout de même un poil paranoïaques, à tel point qu’il mettent des caméras de sécurité absolument partout.

Séoul

Capitale de la République de Corée, Séoul est une mégapole de 10 millions d’habitants. La configuration de la ville est très différente de la plupart des villes européennes et américaines où l’on retrouve habituellement un centre-ville, un quartier historique, un centre d’affaires, entourées d’une banlieue résidentielle. Séoul est un patchwork de forêts de gratte-ciels, de villages hanok traditionnels, de cités historiques, d’immenses centres commerciaux et de blocs d’immeubles résidentiels.

Vue nocturne de Seoul

Vue nocturne de Séoul

Elle est divisée en deux parties par le fleuve Han. La moitié nord, Gangbuk, comprend les quartiers historiques et traditionnels. Elle est habitée par les classes moyennes et populaires. La moitié sud, Gangnam, est quant à elle plus récente et sa population est plus aisée. C’est également à Gangnam que se trouvent les plus hauts gratte-ciels, les principaux centres d’affaires ainsi que les boutiques de luxes.

Séoul est une ville qui ne dort jamais. Les magasins ainsi qu’une bonne partie des restaurants ne ferment que tard le soir, permettant ainsi aux salary men et autres workaholics d’en profiter à toute heure de la journée et de la soirée. Les magasins et les restaurants occupent les premiers niveaux des immeubles. Les enseignes lumineuses sont tellement nombreuses qu’elles suffisent à remplacer l’éclairage public.

Les transports

Dans la plus pure tradition coréenne, les transports publics sont très efficace. Le métro de Séoul est une horloge parfaitement réglée comportant 9 lignes dont une circulaire, desservant la capitale ainsi que les villes alentour. Bien que certaines rames soient assez anciennes, elles ont toute l’air de sortir de l’usine : pas une seule dégradation, aucun tag, pas d’odeur douteuse, tout est parfaitement entretenu. Les prix pratiqués sont peu élevés, comptez environ 1050 KRW (environ 0,70 €) pour un aller simple. On est loin des tarifs prohibitifs pratiqués par la SNCF et la RATP ! Les noms des stations sont romanisés et traduits en anglais ce qui évite d’avoir l’impression de se retrouver dans Matrix lorsqu’on lit un plan de métro !

Le métro de Seoul

Le métro de Séoul

Vous aurez aussi peut-être l’occasion de prendre le bus, soit parce que vous êtes joueur, soit par nécessité. Contrairement aux stations de métro, les noms des arrêts sont rarement romanisés et il vaut mieux noter l’écriture coréenne de sa destination pour limiter les risques de se retrouver à l’opposé de sa destination. N’essayez pas de compter les arrêts pour repérer le vôtre. Les Coréens hêlent le bus comme un taxi pour y monter, même lorsqu’aucun arrêt n’est matérialisé et vous pouvez descendre à n’importe quel arrêt, même ceux qui ne font pas partie de la ligne et surtout quand il n’y a pas d’arrêt en fait, un feu rouge fait très bien l’affaire. La solution la plus sûre reste de suivre la position du bus avec un GPS et de l’arrêter lorsqu’il arrive à destination.

Les Coréens n’ont pas d’abonnement pour les transports. À la place, ils utilisent un T Money, un porte-monnaie électronique utilisant la technologie NFC accepté dans la quasi totalité des transports publics coréens. Le T Money se présente généralement sous la forme d’un porte-clé fantaisie que l’on peut acheter dans les supérettes et recharger à volonté sur les bornes en station.

Si vous êtes habitué aux transports souvent en retard en France, sachez que les Coréens ont la fâcheuse tendance à partir en avance. Les cars peuvent partir 10 minutes avant l’heure indiquée quant à l’avion dans lequel je suis en train d’écrire cet article, il a décollé avec une demi-heure d’avance. Vous êtes prévenus !

Enfin, si vous avez le goût du risque et que vous avez un permis de conduire international, vous pouvez tenter le coup de louer une voiture. Même si les Coréens sont généralement très disciplinés, sur la route c’est tout l’inverse : ils grillent les feux rouges, doublent dès qu’il y a suffisamment de place, explosent les limites de vitesse et utilisent leur smartphone quand ils ne sont pas carrément en train de regarder une émission de télévision sur l’ordinateur de bord intégré à leur voiture. On comprend mieuxs pourquoi les piétons respectent scrupuleusement les passages cloutés. Bizarrement, on ne voit jamais de véhicule à la tôle froissée comme à Paris ou à Marseille…

La bouffe !

S’il y a bien une chose qui est sacrée en Corée, c’est la bouffe ! La nourriture coréenne est assez méconnue, pourtant elle comporte de nombreuses merveilles : bibimpap, kimpap, kimchi raviront les plus gourmands. Attention tout de même, les Coréens sont les plus grands consommateurs de piment au monde. Les plats nappés d’une sauce rouge vif ne sont pas forcément les plus pimentés. Renseignez-vous auprès du serveur si le mets que vous avez choisi parce qu’il a l’air bon et pas épicé sur la photo n’est pas piégé avec du piment vert par exemple. En Coréen, piment se prononce go chu.

Une bonne soupe de nouilles sur le marché

Une bonne soupe de nouilles sur le marché

Les Coréens ont également une façon de manger très différente de la nôtre. Alors que le repas franchouillard standard est constitué généralement d’une entrée, un plat et un déssert, le repas coréen consiste en un plat unique bien consistant accompagné de riz, de soupe et de condiments comme le kimchi, du chou pimenté fermenté. La carte des restaurants traditionnels est généralement assez restreinte ce qui leur permet de proposer des plats de grande qualité à des prix très bas (moins de 10 €). Si vous préférez manger sur le pouce et pour encore moins cher, vous pouvez opter pour la street food proposée par les nombreux camelots présents sur les trottoirs. Quant aux fast food américains type KFC, Burger King et Mc Donald’s, ils sont quasi inexistants.

Un repas coréen standard

Un repas coréen standard

Les Coréens ont l’habitude de manger assis par terre sur des tables basses. Les restaurants traditionnels proposent souvent ce type de table, ce qui est parfait pour se détendre efficacement les pieds après de longues heures de marche. Contrairement aux autres pays asiatiques, les Coréens se servent d’une cuillère en plus d’une paire de baguettes plates pour manger, ce qui est tout de même plus pratique !

L’industrie

Une autre caractéristique majeure de la Corée est son économie florissante. Le pays compte de nombreuses multinationales célèbres dans le domaine de l’industrie, Samsung, LG, Kia Motors, Hyundai mais également présentes localement dans d’autres secteurs d’activité. Par exemple, Samsung construit aussi des immeubles, fabrique du matériel de sport et LG propose une gamme de shampoing. Les Coréens sont très chauvins mais ce n’est pas pour autant qu’ils ne repompent pas les idées des autres dans leur propre industrie, bien au contraire. Le design des voitures est fortement inspiré des berlines allemandes quant au train express coréen, le KTX, est une copie quasi conforme du TGV français.

La construction est permanente à Seoul

La construction est permanente à Seoul

Le patrimoine

Le Corée dispose d’un riche patrimoine historique, écologique et culturel, attirant chaque année de nombreux touristes, essentiellement chinois et japonais.

Les monuments historiques ont essuyé des nombreuses guerres et invasions successives et ont été pour la plupart détruits. C’est pour cette raison qu’ils sont reconstruits à plus ou moins à l’identique d’après les archives historiques qui ont survécu.

Même si le gouvernement Coréen a la fibre écolo en développant les énergies renouvelables et le recyclage, il a encore beaucoup de progrès à faire en matière d’aménagement des espaces naturels. Les sentiers principaux des parcs nationaux sont bétonnés, entourés de lignes électriques non enterrés, de locaux techniques, de boutiques de souvenirs et ou encore d’affreuses stations de pédalo. Les Coréens préfèrent jouer le jeu en venant fouler les sentiers goudronnés de la forêt avec leur attirail de randonneur.

 

Et vous, cela-vous a-t-il donné l’envie de visiter la Corée ?

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