Recycler un vieux smartphone en contrôleur de chauffage connecté

L’an dernier, dans le cadre du dispositif CEE “Coup de Pouce” du gouvernement, j’ai bénéficié de l’installation de thermostats connectés Tiko D-Box entièrement gratuite.
L’objectif est double : faire des économies d’énergie en optimisant la consommation de chauffage pièce par pièce et délester le réseau en cas de pic de consommation en coupant temporairement le chauffage, tout cela de façon transparente.
Comme vous le savez, je suis toujours chaud pour tester de nouveaux gadgets, surtout quand c’est gratuit !

Un thermostat Tiko D-Box relié à un radiateur

Avant l’installation de Tiko, mon chauffage était contrôlé par un système Flash Piloteco constitué d’un module gestionnaire situé dans le tableau électrique et d’un boîtier de commande au mur. Ce système repose sur les fils pilote des radiateurs pour planifier le mode de chauffage et d’activer le délestage grâce à un signal envoyé par le compteur Linky. Quand à la température, elle se réglait sur chaque radiateur.

Hormis la planification un peu hasardeuse à programmer, c’était terriblement simple à utiliser puisqu’il suffisait d’appuyer sur un bouton du boitier Piloteco pour changer le mode de chauffage d’une zone ou de changer la température directement sur le radiateur.

Le système Tiko n’apporte finalement qu’une seule fonctionnalité supplémentaire, à savoir permettre de régler et piloter le chauffage depuis une application mobile, à distance et sans même avoir besoin d’être à la maison, en plus de fournir des informations détaillées sur la consommation.

Capture d'écran de l'application Tiko

L’inconvénient, c’est qu’il faut désormais installer une application mobile sur un smartphone et partager ses identifiants de connexion à quiconque souhaite pouvoir régler le chauffage. De plus, même si les boîtiers D-Box disposent de leur propre connexion 4G, on reste tributaire d’un serveur connecté à Internet.

J’ai donc eu l’idée de ressortir mon vieux smartphone, un iPhone 5S qui dormait dans un tiroir, pour le réinitialiser, y installer l’application Tiko et le fixer au mur à la place du boîtier Piloteco. Ainsi, n’importe qui pourrait régler le chauffage à sa guise sans avoir besoin d’installer quoi que ce soit ni de partager mes identifiants.

Malheureusement, la dernière version d’iOS compatible avec l’iPhone 5S est la 12.5.7 or l’application Tiko requiert iOS 14 au minimum.

L'Application Tiko dans l'App Store sous iOS 12.5.7

J’ai donc décidé de développer ma propre application, avec une interface simplifiée, optimisée pour l’iPhone 5S et qui regrouperait toutes les commandes ainsi que les informations principales sur un seul écran.

Je me suis donc tourné vers la technologie Next.js / React puisque c’est celle que j’utilise au quotidien et l’I.A. Claude Code pour m’assister dans le développement, surtout pour générer la partie interface et régler les bugs de compatibilité avec iOS 12.5.7 car ce n’est pas le plus fun à faire.
Quant à l’API Tiko, faute d’avoir pu trouver une documentation officielle, j’ai fait de l’ingénierie inversée sur la version web de l’application en inspectant les requêtes GraphQL avec mon navigateur.

Sur un seul et même écran, il est désormais possible pour chaque pièce de visualiser et ajuster la température, l’humidité et définir le mode du chauffage.

Capture d'écran de l'application Tiko Control Panel sur iPhone 5S

Le mode sombre a été choisi car la colle de l’écran de l’iPhone a un peu jaunit avec le temps et ce défaut n’est pas visible en mode sombre.

Pour que l’interface fonctionne en plein écran et qu’elle reste ouverte au déverrouillage de l’iPhone, je l’ai simplement ajoutée à l’écran d’accueil d’iOS à partir de Safari.

L’application ne requérant pas beaucoup de ressources pour fonctionner, je l’ai installée sur mon NAS Synology. Un Raspberry Pi aurait aussi très bien pu faire l’affaire.

Script de démarrage de l'application dans DSM

Pour fixer l’iPhone au mur, rien de plus simple : j’ai récupéré mon ancienne coque que j’ai collée à la néoprène sur un cache pour boîtier d’encastrement qu’il suffit d’installer à la place du boîtier Piloteco. Même pas besoin de vis !

Le problème reste maintenant d’alimenter l’iPhone en continu pour éviter qu’il ne se décharge.

J’ai découpé un vieux chargeur USB avec l’espoir de le faire rentrer dans le boîtier d’encastrement mais il s’est avéré trop volumineux.

J’ai donc décidé de l’installer directement dans le tableau électrique, en le branchant au disjoncteur divisionnaire du gestionnaire Piloteco. Ce dernier n’étant plus relié à son boîtier de commande mural, j’ai tout simplement réutilisé ses 2 fils du boîtier pour y acheminer le 5 V jusqu’à l’iPhone.

Tableau électrique avec le chargeur USB

À l’autre bout du fil, pour que l’iPhone se mette en charge, il ne suffit pas de lui fournir du 5 V via le port USB. Il faut également injecter une tension de +2.0 V dans les pins data D+ et D-.
Il est très facile de faire un réducteur de tension de 5 V en 2 V avec 2 résistances : la valeur de la résistance entre GND et D+/D- doit être égale à 2/3 la valeur de celle entre +5V et D+/D- (par exemple 220 ohms et 330 ohms). Comme je n’avais que des 220 ohms en stock, j’ai fait un montage de 220 et 2 × 220 en série ce qui donne une tension de 1.67 V mais qui s’avère au final être suffisant pour mettre l’iPhone en mode charge.

Diagramme du réducteur de tension pour le chargeur USB

Voilà comment réaliser une interface pour chauffage connecté, tactile, moderne et simple à utiliser, en utilisant exclusivement des pièces de récupération.

Montage mural de l'iPhone 5S avec l'application Tiko Control Panel

Si vous souhaitez vous aussi faire cette installation, le code de l’application est sur GitHub : https://github.com/LenweSaralonde/TikoControlPanel

L’application est optimisée pour un usage en plein écran sur un iPhone 5S/SE et un logement de 6 pièces donc vous aurez peut-être besoin de l’adapter selon vos besoins.

N’hésitez pas à me faire part de vos retours !

YouTube : Un mode « hors-ligne » pour les mobiles

YouTube vient d’annoncer une nouvelle fonctionnalité pour son application mobile.Logo YouTube

L’utilisateur pourra sélectionner du contenu à télécharger sur son appareil via la nouvelle fonctionnalité « Ajouter à un appareil » ce qui lui permettra de le lire pendant 48 heures si aucune connexion à Internet n’est disponible. Au moment où l’utilisateur perdra la connexion, il aura la possibilité de regarder les vidéos et les playlists qu’il aura ajoutées à son appareil en accédant aux vidéos via la section « Sur l’appareil » de son guide. Si l’appareil est déconnecté pendant plus de 48 heures, l’utilisateur pourra visionner le contenu uniquement lorsqu’il sera reconnecté. Une fois connecté, la fenêtre de visionnage hors connexion sera réactualisée et l’utilisateur pourra à nouveau regarder le contenu.

Les locations ou les achats de vidéos ne seront malheureusement pas inclus dans cette fonctionnalité. La fonctionnalité « Ajouter à un appareil » devrait être disponible courant novembre. Vous pourrez ainsi regarder le dernier épisode du Joueur du Grenier alors que vous êtes dans l’avion. Pratique, non ?

Les arnaques téléphoniques

Vous avez reçu un appel d’un numéro inconnu mais la communication a été coupée au moment où vous avez décroché ? Vous recevez des SMS d’inconnus vous invitant à consulter un message sur un site Internet ? Prudence, il s’agit peut-être d’une arnaque. Enquête.

Mamie téléphone

La France compte aujourd’hui près de 60 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles, soit autant de cibles potentielles pour les escrocs qui ne cessent de mettre au point de nouveaux stratagèmes pour vous piéger. Ces arnaques font rarement l’objet de plaintes car il ne s’agit le plus souvent que de quelques euros. Mais à grande échelle, elles peuvent rapporter gros aux escrocs… et leur coûter cher !

Ces arnaques sont toutes exécutées de manière automatique, soit par des robots qui envoient des messages ou des appels à des numéros composés aléatoirement (si vous composez un numéro en 06 suivi de 8 chiffres aléatoires, vous avez très peu de chances de tomber sur une ligne non attribuée), soit à partir de programmes malveillants installés sur les smartphones des victimes. Voici les différentes types d’arnaques auxquels vous pouvez être confronté.

Arnaque au numéro surtaxé

C’est l’arnaque la plus courante. Elle consiste à inciter l’utilisateur à rappeler un numéro surtaxé. C’est le principe du « ping-call ». Cette arnaque se présente sous deux formes :

  • Sous la forme d’un appel vocal : un robot vous appelle directement mais raccroche automatiquement dès que vous répondez ou bien après quelques sonneries pour laisser un appel en absence. Regardez attentivement le numéro appelant avant de rappeler, il s’agit sans doute d’un numéro surtaxé. Ils sont faciles à reconnaître car ils commencent par 08 (ou +338). Il peut aussi s’agir d’un numéro surtaxé situé à l’étranger. Les numéros étrangers commencent par 00 ou bien avec un indicatif différent de la France. Les numéros français commencent toujours par +33. Dans le doute, ne rappelez pas. Si une personne essaie réellement de vous joindre, elle laissera un message sur votre boite vocale ou vous enverra un SMS.
  • Sous la forme d’un message vocal sur votre répondeur, d’une personne se faisant passer pour une administration un autre service mais jamais sans jamais préciser pour qui elle travaille et qui vous invite à appeler un numéro surtaxé pour une raison quelconque.
  • Sous la forme d’un SMS : un robot vous envoie un SMS se faisant passer pour une personne vous invitant à la rappeler. Bien évidemment, le numéro d’expéditeur du SMS ou celui qu’on vous invite à rappeler est un numéro surtaxé. Ces messages se font généralement passer pour un(e) ancien(ne)s ami(e)s « Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vu, comment vas-tu ? Julie » ou se montrent plus alarmants « Rappelez-moi vite, c’est urgent« .

Dans les 2 cas, vous pouvez signaler cette arnaque par SMS au 33700.

  • Pour un appel frauduleux : Envoyez spamvocal suivi du numéro frauduleux par SMS au 33700 (par exemple spamvocal 0899123456).
  • Pour un SMS frauduleux : Transférez le SMS reçu au 33700.

Envoyer un SMS au 33700 est gratuit pour la plupart des opérateurs. Au pire il vous en coûtera le prix d’un SMS normal.

N’essayez pas non plus de répondre STOP par SMS à ces numéros car cela ne fonctionne que pour les numéros courts à 5 chiffres commençant par 3, 4, 5, 6, 7 ou 8. De plus, vous risquez d’être lourdement facturé inutilement.

Les MMS web

Les MMS sont de petits messages contenant des images ou des vidéos qui sont envoyés directement d’un mobile à l’autre. Vous les recevez directement si vous avez un téléphone mobile récent et si votre appareil est correctement configuré.

L’arnaque MMS consiste à envoyer un message texte à un utilisateur l’invitant à se rendre sur un site internet à partir son téléphone mobile afin de consulter un MMS ou un message vidéo, sous prétexte que son mobile est trop ancien ou mal configuré pour recevoir le MMS directement. Ces messages se présentent sous la forme suivante :
« Bonjour, vous avez reçu 1 MMS de 0612345678 . Pour le consulter, cliquez sur http://mms-orange.fr/123456 (connexion non surtaxée) »
ou encore
« répondeur interactif : vous avez 3 messages vidéo en attente accessibles pendant 24h cliquez sur http://acces-mms.com/2/6039244224« .

Si vous cliquez sur le lien en question, vous arriverez sur un site Internet, ressemblant parfois à s’y méprendre à l’interface de votre mobile, vous invitant à cliquer sur un lien ou un bouton pour ouvrir le soi-disant message. En cliquant, votre mobile va tout simplement appeler un numéro ou envoyer un SMS surtaxé.

On ne vous demandera jamais de consulter un MMS à partir d’un site Internet, sauf si votre mobile est très ancien (écran en noir et blanc) ou mal configuré. Dans ce cas, vous devrez consulter le lien à partir d’un ordinateur et ce en toute sécurité car les ordinateurs ne peuvent pas émettre d’appels ni envoyer de SMS !

Comme pour le cas précédent, vous pouvez signaler ces SMS au 33700. Sachez également que le numéro de téléphone indiqué en tant qu’expéditeur du SMS est un faux numéro, généré aléatoirement et qui change à chaque envoi. En effet, lorsque vous envoyez un SMS à l’aide d’une passerelle sur Internet comme le font les robots des escrocs, il est possible d’indiquer le numéro d’expéditeur que vous désirez. Vous pouvez ainsi envoyer un SMS à une personne en vous faisant passer pour quelqu’un d’autre en usurpant son numéro de téléphone ! Le protocole SMS permet même de remplacer le numéro d’expéditeur par un texte, par exemple ALERTE ou Nouveau Message. Les escrocs ne manquent pas d’imagination !

Vous pouvez très facilement démasquer vous-même les escrocs à l’origine de ces arnaques en effectuant une requête whois sur leur site internet. Les escrocs sont le plus souvent situés à l’étranger. Certains n’ont même pas pris la peine de masquer leur véritable identité comme par exemple celle de l’escroc à l’origine du message acces-mms.com qui apparaît publiquement dans  l’historique du whois de son site :

Administrative Contact Organization: BUZZMEDIA
Administrative Contact Name: Francois DELIOT
Administrative Contact Address: Rue des Lauriers, Morcellement Belle-Vue
Administrative Contact City: ALBION
Administrative Contact Postal Code: 00000
Administrative Contact Country: MU
Administrative Contact Email: fdeliot@buzz-media.co
Administrative Contact Tel: +230 497 6636

Les applications malveillantes

Certains éditeurs de service peu scrupuleux n’hésitent pas à mettre sur le marché des applications gratuites pour smartphone, le plus souvent des jeux pour les enfants, pouvant effectuer des appels et des envois de SMS surtaxés. Cliquer sur certaines bannières de publicité dans une application gratuite peut également déclencher ce type d’action.

Un utilisateur normal remarquera immédiatement que son smartphone est en train d’effectuer un appel qui n’a pas lieu d’être et l’interrompra. Mais un enfant qui est en train de jouer à un jeu en apparence innocent n’aura pas ce réflexe car il croira que le jeu a tout simplement planté ou que ça fait partie du jeu. Il essaiera de relancer le jeu ou l’abandonnera, sans pour autant raccrocher. Il faudra plusieurs minutes, voire plusieurs heures, avant qu’un adulte ne s’en rende compte et mette fin à l’appel.

Surveillez toujours vos enfants lorsqu’ils jouent à un jeu sur votre smartphone. Pensez aussi à activer le mode avion pour éviter tout appel accidentel.

Bloquer les appels de numéros surtaxés

Pour vous spammer, les robots des escrocs composent les numéros de téléphone aléatoirement. Vous ne pouvez donc pas vous protéger en vous inscrivant sur une liste rouge. Ils peuvent aussi appeler à n’importe quelle heure ce qui est très pénible.

Certains opérateurs comme Free Mobile vous offrent la possibilité de bloquer les appels de certains numéros et ainsi d’établir une black-list des numéros surtaxés commençant par 0899, 0898, 0897, 0891, 0892, 0893 et 0836.

Configuration de la black-list des numéros surtaxés  chez Free Mobile

Configuration d’une black-list de numéros surtaxés chez Free Mobile

Vous pouvez aussi bloquer les appels sortants vers ces numéros pour éviter un appel accidentel ou bien lancé par une application malveillante.

Si votre opérateur n’offre pas ce type de service, il existe des applications pour smartphone permettant de bloquer les appels et les SMS indésirables comme par exemple Call Control sous Android. C’est moins efficace qu’un blocage au niveau de l’opérateur mais au moins vous serez tranquille.